VULGARISATION DE CONNAISSANCES SUR LE DEREGLEMENT CLIMATIQUE. Par Mouloud Touat, hydrologue.

Préambule

Les canicules ressenties par tous cette année, les méga-feux, les inondations et leurs conséquences en pertes de vies humaines ont remis au-devant de la scène l’actualité sur le dérèglement climatique.

Dès 2022, une canicule des plus sévères depuis un siècle a sévi en Inde, obligeant les habitants de certaines régions à descendre au fond des puits pour s’hydrater.

De nombreux mégas-incendies survenus en Europe et en Amazonie ont ravagé plus de 30 000 hectares, alors que la moyenne des surfaces brulées les quinze années précédentes n’était que de 6 000 hectares. Cette année, au Canada, près de 20 millions d’hectares de forêt sont partis en fumée, soit plus d’un tiers de la superficie d’un pays comme la France. Le cercle vicieux des incendies qui aggravent à leur tour le changement climatique en dégageant du CO2, s’installe.

Des inondations dévastent de plus en plus d’aires géographiques, l’année dernière plus d’un tiers de la superficie du Pakistan a été noyé, affectant près de 33 millions d’habitants. En Antarctique, le gigantesque glacier Thwaites a libéré près de 50 milliards de tonnes de glace, etc…

La médiatisation de ces aléas est déjà un premier pas pour sensibiliser tout un chacun sur la genèse de ces phénomènes et les raisons de leur aggravation. L’objectif d’un second pas serait d’inciter les individus, les dirigeants d’entreprises et les responsables politiques vers des actions et activités tendant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. [1]

Le présent texte participe à cette médiatisation en vulgarisant des connaissances sur la genèse et l’aggravation du dérèglement climatique. Il décrit les dispositifs techniques et analyses scientifiques qui ont permis de l’appréhender et présente les institutions et organismes mis en place afin de développer des stratégies de préservation de la vie sur notre planète.

Les observations du climat

Les premières observations météorologiques au quotidien ont été effectuées en Angleterre à partir de 1659 par le scientifique John Evelyn (1620-1706). D’autres pays européens, les États-Unis et la Russie suivront rapidement cette pratique. Avec l’ampleur que prendra cette collecte de données, une organisation météorologique internationale (OMI) [2] est créée dès 1873 avec les buts de normaliser le codage des informations et de faciliter les échanges de données ainsi mesurées.

Les paramètres mesurés dans les stations météorologiques concernent les températures, l’humidité, la direction et la force du vent, la pression atmosphérique, les précipitations, la neige, la grêle, les nuages, la visibilité, etc. Les fréquences des mesures passent de quelques heures initialement aux enregistrements en continu par la suite.

Les mesures des paramètres météorologiques en altitude font leur apparition avec l’aviation militaire pendant la Seconde Guerre mondiale. Les stations d’observation s’étoffent alors de divers dispositifs tels que des ballons sondes, des bouées, bateaux, avions, satellites embarquant des radars, lidars et radiomètres, etc…

Les débits, qualité chimique et turbidité des eaux de rivières, lacs et barrages sont mesurés au niveau de stations hydrométriques équipées de dispositifs variés. D’autres stations spécifiques sont adaptées aux observations pour l’agronomie, la circulation aéroportuaire et les transports.

A ces réseaux d’observations du climat des temps modernes, viennent s’ajouter les analyses des carottes glacières, des sédiments lacustres et océaniques, la dendrochronologie[3] et les études de fossiles, véritables témoins des paléoclimats.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM)[4], créée en 1950 sous l’égide de l’ONU recense aujourd’hui un vaste maillage comprenant “plus de 10 000 stations météorologiques en surface, automatiques ou dotées de personnel, 1 000 stations aérologiques, 7 000 navires, 100 bouées ancrées et 1 000 bouées dérivantes, des centaines de radars météorologiques ainsi que 3 000 aéronefs commerciaux spécialement équipés pour mesurer tous les jours des paramètres clés relatifs à l’atmosphère, aux terres émergées et à la surface des océans. À cela s’ajoutent quelque 230 satellites météorologiques et de recherche. Cela donne une idée du gigantisme des réseaux d’observations météorologique, hydrologique et géophysique.[5]

Ainsi, les observations météorologiques, en provenance de 189 États, sont conservées sur des supports physiques et numériques auprès de centres de recherche nationaux et de l’OMM [6].

Aux origines du dérèglement climatique

Le climat de la planète, à l’échelle des temps géologiques[7], fluctuait selon des périodes appréciées en millions d’années. Ces fluctuations naturelles, résultent du rayonnement solaire, de cycles de Milankovitch, de grandes éruptions volcaniques, ou encore d’impacts de météorites[8],

L’empreinte humaine sur le climat est certainement apparue vers les années 1840 en Europe, avec la révolution industrielle. Depuis lors, l’activité anthropique multiplie les émissions des gaz à effet de serre dans l’atmosphère (GES)[9] et des polluants dans la nature. L’espèce humaine a mis plus d’un siècle pour découvrir et admettre cet impact nocif sur l’environnement.

La présence du dioxyde de carbone dans l’atmosphère (CO2) a été actée pour la première fois par Svante August Arrhenius (1859-1927) [10].

Ensuite c’est le savant russe, Vladimir Vernadsky, considéré comme un précurseur de l’écologie, qui a avancé la thèse selon laquelle les cycles biogéochimiques seraient modifiés sous l’influence humaine. Ce qu’il résuma en ces termes «Une force géologique nouvelle est certainement apparue à la surface terrestre avec l’homme» [11]. Ici le dérèglement climatique est daté avec l’apparition de l’Homo-sapiens.

A partir des années 50, Syukuro Manabe et Klaus Hasselmann[12]. expliquent le réchauffement climatique : le premier en énonçant l’idée de la « réponse du climat » aux émissions de gaz à effet de serre et le second en expliquant clairement le changement climatique (CC) par les activités humaines. Tous deux sont lauréats du Prix Nobel de physique de 2021.

Le monde politique et économique s’empare du sujet dès 1967, lorsque Robert Mc Namara, secrétaire à la Défense des USA a quantifié le changement climatique à l’échelle planétaire à hauteur de +2,5°C avant la fin du siècle, trajectoire qui reste l’une des plus probables actuellement.

L’impact anthropique sur le réchauffement climatique en URSS ne sera confirmé qu’en 1971, par le climatologue russe Mikhaïl Budyko[13] alors que le pouvoir en place s’intéressait à la géo-ingénierie pour accélérer l’ouverture de lignes de navigation dans l’Arctique.

En 1972, le club de Rome publie le fameux rapport Meadows intitulé « Limites à la croissance (dans un monde fini», devenu rapidement une référence sur la conséquence de la croissance économique envers la limitation des ressources naturelles et de l’évolution démographique.

En 1979, le président Jimmy Carter commande le rapport Charney du nom du physicien de l’atmosphère[14], qui a confirmé in-fine la perception du changement climatique.

À l’échelle internationale, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) crée en 1988 le Groupe d’experts intergouvernemental[15] (GIEC), et le charge de la problématique du changement climatique. Dans sa publication du 4 avril 2022, le GIEC alerte « qu’il ne resterait plus que trois ans pour garder la planète viable ».

Analysant tous ces constats, Marc Delepouve dans sa récente thèse (2023) [16] conclut «Le système Terre bifurque non pas vers une nouvelle époque géologique, l’Anthropocène, mais plutôt vers un nouvel Eon: l’Anthropozoïque, le cinquième de l’histoire de notre planète».

Le GIEC et les modèles de simulations climatiques

Les relevés météorologiques cumulés au fil du temps ont permis de rassembler une quantité massive de données, utilisées aujourd’hui dans les prévisions météorologiques et la modélisation du climat.

Les modèles climatiques, qui initialement simulaient les circulations atmosphériques et océaniques uniquement, ont progressivement intégré les masses continentales et les glaciers et sont rebaptisés en «modèles du Système Terre». Dix-huit centres de recherche les plus réputés de par le monde[17] absorbent en permanence ces informations et adaptent continuellement les algorithmes de leurs modèles; ces systèmes devenus volumineux et complexes nécessitent aujourd’hui des semaines de calculs, y compris sur les calculateurs les plus performants du moment.

Les modèles climatiques se scindent en deux catégories en fonction de l’extension géographique: les modèles régionaux (MCR) et les modèles globaux (MCG). Les MCR se focalisent sur des phénomènes météorologiques limités dans l’espace, comme les précipitations extrêmes et utilisent des lois de la physique. Leurs algorithmes fonctionnent selon des mailles fines, de l’ordre de 10 km². Les MCG quant à eux traitent des informations climatiques selon des mailles de 50 km² à l’horizontale et d’une centaine de mètres à la verticale ; les lacunes d’informations y sont reconstituées statistiquement.

Les modèles globaux permettent ainsi de prévoir le changement climatique selon les horizons temporels définis par le GIEC [18] en se référant aux émissions de GES de la période préindustrielle ou de l’année 2000. Leurs résultats sont ensuite commentés et diffusés dans des rapports codifiés sous le nom d’”AR” (de l’anglais Assessment Report). L’AR6, publié entre août 2021 et avril 2022 se présente sous forme de trois volumes intitulés respectivement « Constat scientifique », « Adaptation face au changement climatique » et « Atténuation du au changement climatique » [19].

Dans ce dernier rapport, les scénarios ont évolué des traditionnels RCP (pour “Representative Concentration Pathway” en anglais) vers les SPP (pour “Shared Socio-economic Pathways”) intégrant désormais des éléments de développement socio-économiques, tels que l’urbanisation, l’énergie, l’agriculture, le PIB et d’autres paramètres. Chaque niveau d’émission de gaz à effet de serre est associé à un mode de consommation sociétale[20]. Dans ces nouveaux scénarios, les sciences socio-économiques interagissent enfin avec les sciences exactes et les sciences de la nature.

Parmi les scénarios traités, seuls les SPP1 et SPP2 correspondent à de faibles émissions de GES et permettent de maintenir la trajectoire de 1,5°C, fixée par l’Accord de Paris (COP21). En revanche, les scénarios SPP3 à SPP5 affichent des trajectoires de températures alarmantes, oscillant entre 2 et 5,7 °C, d’ici la fin du siècle [21].

Le GIEC, publie aussi des résumés techniques et rapports condensés pour les besoins des hommes d’état afin de les aider à comprendre la dynamique du climat et ses conséquences sur les écosystèmes et les orienter vers des prises de décisions éclairées.

Autres indicateurs d’alerte sur le climat.

Aux scénarios climatiques du GIEC se rajoutent d’autres indicateurs d’alerte sur le climat, l’environnement et la biodiversité, il s’agit entre autres :

Le premier indicateur est le «World Energy Outlook», initié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE)[23]. Cette agence est créée en 1974 par Henry Kissinger pour défendre les intérêts des pays importateurs d’hydrocarbures. Elle appelle désormais les industriels de l’Energie à intégrer dans les stratégies de production des objectifs de réduction des émissions des GES et de cesser les investissements dans les nouvelles installations fossiles.

L’AIE dans son rapport de 2022 actualise trois scénarios (New Momentum, Accelerated et le Net Zero) en intégrant entre autres, les impacts de la guerre en Ukraine. En 2019, la part les énergies fossiles dans le mix énergétique mondial s’élevait à 78,2%, ces scénarios projettent de la réduire respectivement à 54,8%, 28,3% et 18,4%. Cette réduction passerait par la croissance de la consommation mondiale en hydrogène dans les secteurs des transports et de l’industrie entre 2030 et 2050. Lequel hydrogène doit être produit de plus en plus à partir de sources renouvelables.

Le second indicateur est la fameuse feuille de route des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), défini par l’ONU[24], et validée par 193 pays membres en marge de l’assemblée générale des Nations Unies de 2015.

Aujourd’hui cette feuille de route, affichée dans la plupart des halls d’entreprises ; vise à participer à l’atténuation du changement climatique, à éradiquer la pauvreté sur terre et à lutter contre les inégalités et l’injustice. Les 17 enjeux retenus sont ensuite déclinés après à des niveaux plus fins, soit en 169 cibles qui couvrent l’intégralité des pistes du développement durable. On suppose que les cibles ainsi définies faciliteraient la tâche des entreprises, administrations, associations et particuliers à s’engager sur un minimum de défis et réaliser globalement un maximum d’objectifs.

Le troisième indicateur d’alerte mesure la dette écologique contractée par l’homme envers la Terre. Il est calculé comme le rapport entre la bio-capacité (ou capacité de production biologique de la planète) et l’empreinte écologique de l’humanité, le résultat obtenu est ensuite intégré dans le calendrier annuel. Entre les années 1970 et 2023, le jour de dépassement de la Terre a glissé du 29 décembre au 2 août. Expliqué autrement ce rapport signifie qu’il faudrait presque deux planètes entières comme la Terre pour satisfaire la consommation d’une population de près de 8 milliards d’habitants (nourriture, habits, énergie, déchets, infrastructures, etc..).

Sur la base de ces résultats, des démographes sont allés jusqu’à évaluer le seuil de la population à hauteur de 2 et 3 milliards d’habitants qui permettrait la régénération normale de la bio-capacité sur la planète[25]. Cet indicateur n’est appréciable que pour sa fonction d’alerte car basé sur des hypothèses de travail reflétant partiellement les enjeux économiques, sociaux et environnementaux,

Les conférences des Parties ou COP.

Les conférences des Parties (COP) rassemblent depuis 1995 les dirigeants de la quasi-totalité des pays de la planète pour débattre des rapports du GIEC. Ces conférences restent un forum important pour la négociation et la coordination des efforts internationaux en matière de changement climatique. Lors des débats certains chefs d’Etat iront jusqu’à quantifier leurs engagements [26] en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), visant l’objectif de zéro émissions nettes (NZE).

Parmi une trentaine de conférences tenues à ce jour, la plus marquante demeure celle de Paris (COP 21) qui a fait adopter en 2015 un traité international juridiquement contraignant[27], signé par 192 pays. Ces derniers s’engagent à limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C, d’ici la fin du siècle.

Malheureusement six ans plus tard, la COP 26 de Glasgow annonce un réchauffement déjà de 1,1 °C. L’Inde et la Chine, se basant sur le constat des émissions historiques des pays développés[28], cumulées à hauteur de 77 % depuis le 18ème siècle, réclament des objectifs moins contraignants pour les pays du Sud et des financements plus conséquents de la part des pays les plus riches.

En 2022 lors de la COP 27 en Égypte[29], le “Plan de mise en œuvre de Charm-el-Cheikh” préconise une transformation du système financier mondial impliquant les gouvernements, les banques, les investisseurs et d’autres bailleurs de fonds[30]. Le financement d’un tel plan pour une transition vers une économie mondiale à faible émission de carbone est estimé à cinq billions[31] de dollars par an. Ce chiffre considérable est en grande partie justifié par les retards des pays les plus développés qui s’étaient engagés dès 2009, lors de la COP de Copenhague, à mobiliser 100 milliards de dollars par an pour le climat.

Le manque d’efficacité de ces conférences est manifeste, notamment en raison de l’absence de contraintes juridiques et de l’insuffisance des moyens financiers. De plus, l’adoption de mesures de transition climatique demeure difficile, voire impossible, avec des acteurs aux systèmes et intérêts économiques divergents.

En conséquence, les mesures annoncées périodiquement, bien que souvent très génériques, nécessitent d’être affinées et adaptées aux échelles nationales ou aux réalités locales. Il apparaît ainsi une multitude d’issues pour la géo ingénierie et les techno-solutions, devant prendre obligatoirement en considération le principe selon lequel l’impact anthropique sur une unité géographique ne doit pas épuiser les ressources que la nature y produit.

Enfin, la participation aux COP des acteurs non étatiques, comme les organisations de la société civile, reste une carence à combler.

Les climato-sceptiques

Malgré toutes ces activités décrivant l’impact anthropique sur le changement climatique n’ont pas suffi à convaincre une frange de la population mondiale appelée climato-sceptique qui reste sur ses doutes et on retrouve parmi elle de nombreux scientifiques.

Ces derniers reprochent entre autres au GIEC de ne pas admettre certaines insuffisances dans la modélisation du climat. Ils rappellent que même « s’il existe a un consensus de 97 % de chercheurs en faveur de la thèse du GIEC, il n’y a parmi eux aucun physicien qui ait travaillé sur le rôle climatique du CO2…»[32].

Au fil du temps, les aléas climatiques extrêmes (sécheresse / inondations) aidant font bouger les lignes ne serait-ce qu’au niveau de l’argumentation. Du simple déni, les climato-sceptiques encensent les « techno-solutions » [33] ; leur mouvement s’organise et se baptise «climato-réaliste» [34] et les experts du GIEC sont qualifiés de « climato-alarmistes ». Cette polémique s’invite jusque dans les encyclopédies numériques et réseaux sociaux : Wikipédia et LinkedIn soutiennent le GIEC et Wikiberal et X (ex. Twitter) appuient les « climato-réalistes ».

Parmi ces climato-sceptiques on retrouve des physiciens dont la carrière s’est construite pendant la guerre froide; certains d’entre eux s’inquiétant de voir les gouvernants se diriger vers une économie plus protectrice de l’environnement »[35] et réductrice de postes d’emplois.

Des hommes d’états tels que Donald Trump, l’ex. Président des USA et Jail Bolsonaro, ancien dirigeant du Brésil s’alignent sur les thèses des climato-septiques. Le premier a écarté les Etats-Unis, nation la plus polluante de la planète, de l’accord de Paris. Le second a accéléré la déforestation de l’Amazonie, «poumon de la planète» et sanctuaire de la biodiversité.

Dans ce mouvement, on retrouve également les multinationales (Exxon, Total, Elf, Volkswagen, etc..) qui, dans les années 80 et 90, ont escamoté les indicateurs du CO2 et du méthane (CH4) dégagés par l’industrie. Ces sociétés, afin de maintenir leurs profits, se sont impliquées dans l’intimidation de chercheurs, la rétribution de pseudo-scientifiques ou le financement de fondations philanthropiques et cercles de réflexion, etc…

Conclusion

Le GIEC est devenu un acteur central, mais aussi vulnérable, dans le développement d’une dynamique internationale sur le dérèglement climatique. À l’opposé des climato-septiques qui nient l’impact anthropique, on voit apparaître une autre tendance qui médite sur une sous-estimation du risque climatique des scénarios préférés du GIEC. Les scénarios les moins alarmants sont mis en avant au détriment des plus inquiétants, notamment pour satisfaire la sphère politique qui abuse des écrits du GIEC pour appuyer des décisions n’ayant parfois aucun lien avec le climat.

Marc Delepouve (2023)[36] va jusqu’à introduire un « concept épistémologique inédit, le Reste causal, outil d’une conception renouvelée de l’expertise scientifique et plus largement du triptyque science, expertise et politique ».

Il relève que l’absence de prise en compte de l’«imprévisible» dans les scénarios du GIEC, due à la quantophrénie (tendance à ne prendre en considération que ce qui est quantifiable), cache le « reste causal », qui est ici les sources naturelles de méthane non quantifiables, mais qui risquent de contribuer à un emballement du réchauffement climatique.

Malgré toutes ces controverses, le principe de précaution est resté de mise dans les actions d’interventions.


[1] Slogan du GIEC : «Agir, tous, vite, partout et maintenant».

[2] Qui deviendra OMM en 1950.

[3] Technique de datation des arbres et de l’appréciation du climat par étude des anneaux de croissance

[4] Organisation météorologique mondiale — Wikipédia (wikipedia.org)

[5] https://public.wmo.int/fr/notre-mandat/quelles-sont-nos-activités/observations#:~:text=

[6] https://www.encyclopedie-environnement.org/air/obervations-meteorologiques-siecles-passes/ .

[7] Les Eons sont les plus grandes subdivisions des temps géologiques qui se divisent en Eres, Périodes et Etages. Les quatre éons terrestres étant du plus ancien au plus récent : Hadéen, Archéen, Protérozoïque et Phanérozoïque1Le dernier Eon est divisé en trois ères: le Paléozoïque, le Mésozoïque et le Cénozoïque

[8] Dont les impacts sont le changement de la composition de l’atmosphère, les glaciations, les extinctions de masse (dinosaures !).et les changements dans la vie marine etc…

[9] Les GES sont essentiellement le Dioxyde de carbone ou combinaison chimique du carbone et de l’oxygène (CO2), le Monoxyde d’azote (N2O) et le Méthane, composé chimique du carbone et de l’hydrogène (CH4): Ils ont un impact différent sur le climat: malgré leur concentration relativement faible dans l’atmosphère, le CH4 et le N2O contribuent en grande partie à l’effet de serre. Afin de pouvoir comparer l’impact climatique de ces différents gaz et de définir leur potentiel de réchauffement, le méthane et l’oxyde nitreux sont exprimés en équivalents CO2 (CO2e).

[10] Svante August Arrhenius — Wikipédia (wikipedia.org), lauréat du prix Nobel de chimie de 1903.

[11] Vernadsky V. (1926). La biosphère, Léningrad. Réédité en 2002 aux éditions du seuil, Paris. 277 p.

[12] https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20211005-le-prix-nobel-de-physique-est-attribué-au-duo-syukuro-manabe-klaus-hasselmann-et-à-giorgio-parisi

[13] Le scepticisme de la Russie vis-à-vis du changement climatique expliqué par son histoire scientifique | IHEID (graduateinstitute.ch)

[14] Massachusetts Institute of Technology.

[15] Organe rattaché au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (ONU)

[16] Delepouve M. (2023). Le GIEC, une dialectique science et politique de la quantophrénie et de l’imprévisible. Thèse Docteur d’HESAM. Ecole doctorale Abbé Grégoire. 413 p.

[17] Les centres de modélisation sont implantés notamment aux Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, France, etc.., ils sont spécialisés et aucun d’entre eux n’utilise simultanément l’ensemble des informations observées.

[18] Les activités du GIEC s’organisent autour de l’analyse de l’évolution du climat. Ses experts passent en revue l’état des connaissances à partir de la littérature technique, socio-économique et des résultats de modélisation de l’atmosphère.

[19] Ce dossier a exigé la participation de 780 experts, issus de 195 pays et organisations. Ces experts ont analysé 66 000 études et annoté près de 10 500 pages.

[20] Flux thermique par unité de surface exprimant indirectement les températures.

[21] Ainsi pour le scénario de très faibles émissions de GES (SSP1-1.9 w/m²), les températures moyennes oscilleraient entre 1,0 et 1,8 °C d’ici l’année 2100. Dans le scénario de faibles émissions (SSP2-2.6 w/m²), elles oscilleraient entre 1,3 et 2,4 °C. Dans le scénario intermédiaire (SSP2-4.5 w/m²), elles oscilleraient entre de 2,1 et 3,5 °C. Dans le scénario d’émissions de GES très élevées (SSP5-8.5 w/m²), elles oscilleraient entre de 3,3 et 5,7 °C.

[22] Accueil du Jour du Dépassement de la Terre – #MoveTheDate (overshootday.org)

[23] World Energy Outlook 2022 – Analysis – IEA

[24] Objectifs de développement | Programme De Développement Des Nations Unies (undp.org)

[25] Réduire soit la population à 2 et 3 milliards d’habitants soit le niveau de vie, dans un facteur 4 à 5 toujours à l’horizon 2050

[26] Contributions Déterminées au Niveau National (CDN) soumises par les pays à la demande des Nations unies

[27] L’Accord de Paris | Nations Unies

[28] Michael R. Raupach, Gregg Marland, Philippe Ciais, Corinne Le Quéré, Josep G. Canadell, Global and regional drivers of accelerating CO2 emissions, PNAS,  May 22, 2007.

[29] Qu’est-ce que la COP ? | CCNUCC (unfccc.int)

[30] Nouvelles normes comptables dites de double matérialité introduites par le CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et qui entreront en vigueur dès 2024 pour près de 50 000 entreprises opérant dans l’UE.

[31] Chiffre avec douze zéros

[32] Le flux solaire total (TSI) qui mènerait à un refroidissement de la planète, n’est pas pris en considération dans l’ensemble des modèles. Paradoxalement, le TSI nécessite des mesures directes sur des satellites en milieu extra-terrestre ; des données existent déjà mais en nombre insuffisant pour une bonne représentativité du phénomène.

[33] Il est préférable de trouver des solutions techniques plutôt que d’essayer de faire changer les gens.

[34] Les variations solaires : quelles influences sur le climat ? (climato-realistes.fr)

[35] Selon des historiens des sciences tels Naomi Oreskes et Erik Conway, dans leur livre « Les marchands de doute ».

[36] Delepouve M. (2023). Le GIEC, une dialectique science et politique de la quantophrénie et de l’imprévisible. Thèse Docteur d’HESAM. Ecole doctorale Abbé Grégoire. 413 p

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