Des grottes de l’Aurès aux tunnels de Ghaza

Jésus leur aurait dit qu’il appartenait au peuple élu ! Dans ce cas, le judéo-chrétien ne comprend pas comment cinq siècles après, un étranger, un Arabe de surcroît, puisse prétendre être un prophète ? Depuis, il décide de démentir cet intrus à défaut de le soumettre, à défaut de l’effacer de la terre, mais en vain, l’histoire sur 2000 ans en fait foi. Son regard envers cet autrui, enveloppé dans ce troisième paradigme divin, va se métamorphoser des milliers de fois, tout en ayant le même objectif, quitte à emprunter parfois le regard même de ceux qu’il combat.

Automatiquement, comme une bête, il applique la stratégie de la sélection naturelle du règne animal, c’est-à-dire la loi du plus fort, en adjoignant à sa civilisation une sélection artificielle d’amendements de lois opportunes et spécifiques à chaque fois qu’un peuple ne se soumet pas à son intérêt.

Sachant que le gardien de ses désidératas, en ce qui concerne les atlantistes, est l’OTAN, qui entre-temps a succédé à la Papauté, disqualifiée à cause de son alliance avec Hitler, ce terroriste spécifiquement occidental, ce voyou du monde moderne qui ne s’est pas contenté de bombarder les soviétiques uniquement. Et depuis, on ne parle plus de croisade. Aujourd’hui, que Netanyahou, le dernier porteur de l’étendard des judéo-chrétiens en terre arabe, est poursuivi par leur Justice, comment vont-ils qualifier la suite : de décrisade, de décolonisation, de déracialisation ? La généalogie de ce monstre politique remonte à plus de deux mille ans. Il lâche dans les décombres de Gaza, des remugles du fond des âges dont l’odeur nauséabonde enveloppe la terre tout en meuglant au ciel, comme une bête blessée, avec le label de la sélection judéo-évangéliste. Ces derniers font de Jérusalem leur capitale grâce à leur AIPAC, ce lobby le plus puissant des U.S.A qui dicte sa loi au Sénat.

Nous étions des indigènes, des esclaves, des sous-hommes à leurs yeux, alors jaillissent tous les 50 ans approximativement, un 17 octobre 1917, un 1er novembre 1954, un 7 octobre 2023, trois dates parmi les toutes dernières et d’autres qui sonnent le tocsin pour leur déboucher les oreilles. À écouter les médias occidentaux, on peut affirmer aujourd’hui plus qu’hier que le racisme est la cause des malheurs des peuples sans exception, puisqu’aujourd’hui les occidentaux sont cernés par l’extrême droite, dont les pères et grands-pères étaient des collabos nazis, des tortionnaires dans l’armée coloniale, qu’illustre bien Le Pen, des colons comme en Israël assassinant des femmes et des enfants pour s’accaparer de leurs lopins de terre et tuant leurs enfants et leurs mères.

Quant au chef de l’État terroriste d’Israël, il suffit de rappeler sa réplique à la Cour Pénale Internationale : « Comment osez-vous comparer les monstres du Hamas aux soldats du Tsahal, l’armée israélienne la plus morale du monde ? », au jour du 20.05.24 où ses victimes sont au nombre de 35 562 morts et 79 652 blessés sans compter celles ensevelies dans les décombres. Alors qu’en vérité, c’est comment la CPI ose accuser des dirigeants d’un mouvement de libération ? Comme de ses habitudes, la CPI applique les règles de la politique et non la loi de la justice. En sus, elle triche en s’alignant sur l’agenda des maîtres du moment.

Il est utile de rappeler à Khan et ses compères, encore et encore, que la résolution 3070 adoptée par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, le 30 novembre 1973, consolide aux yeux du monde, le droit de « la légitimité de la lutte des peuples pour se libérer de la domination coloniale et étrangère et de l’emprise étrangère par tous les moyens en leur pouvoir, y compris la lutte armée ». Le terrorisme des peuples colonisés n’est rien d’autre qu’une contre-violence, une autodéfense pour la survie. Elle est plus que légitime. Cette évidence n’étant pas perçue prouve encore une fois le racisme des dirigeants et des médias occidentaux.

Il est heureux de rappeler la résistance des partis politiques, des associations, des personnalités qui témoignent que le Hamas n’a pas commis de crimes contre les enfants et qu’il s’en est pris aux soldats et jamais aux civils. Comme la majorité des occidentaux ignore la vraie histoire des autres peuples, la propagande diffusée H24 sur leurs petits et grands écrans passe à leurs yeux pour de l’information.

En rappelant que Karim Khan avait déclaré le 3 mai dernier que le bureau de la CPI faisait l’objet de pressions et de menaces depuis l’annonce de l’imminence de sa décision. L’Alliance France Palestine Solidarité félicite la CPI et son procureur d’avoir su résister à ces menaces. D’autres personnes et comités aussi borgnes font fi de l’impair qu’a commis Karim Khan, celui d’accuser trois dirigeants du Hamas « comme responsables d’extermination, de meurtre, de prise d’otages, de viol, de torture et d’actes inhumains ».

Khan n’a écouté ni les manifestants du monde ni les étudiants étasuniens lançant à Biden en 2024 et à Lyndon B. Johnson en 1968 : « Combien d’enfants as-tu tués aujourd’hui ? », ni Ben M’hidi suggérant aux officiers tortionnaires de remplacer les couffins transportant des bombinettes des terroristes algériens par les avions de De Gaulle qui larguaient les bombes sur les villages.

Khan et ses juges n’appliquent pas les propres résolutions de la Commission, osent exiger de ceux qui luttent dans le cadre de la loi de se conformer aux normes de la guerre classique, sachant pertinemment qu’ils n’en ont pas les moyens. Si la résistance utilise ses propres moyens dont le terrorisme pour se libérer c’est parce que l’ONU a été incapable d’appliquer la loi qui libère les peuples de la colonisation. Si la CPI met sur le même plan l’acte héroïque de la résistance et celui de l’Armée d’occupation, c’est parce qu’elle est incapable d’avouer qu’elle est sous la pression du maître du dollar, alors, elle entretient l’amalgame, qui permet aux sionistes d’achever leur génocide, la honte, si ce n’était la résistance animée par le Hamas dont les trois dirigeants que Karim Khan et ses compères tentent de neutraliser ! La Palestine n’est ni la première ni la dernière à cheminer vers l’indépendance et Khan n’est ni le premier ni le dernier traître à la libération des peuples colonisés.

Cette libération n’est jamais achevée lorsqu’on a une France qui s’illustre dans son refus de reconnaître ses défaites. Pour cela, elle fait de la résistance en élaborant un récit national avec la stratégie qui consiste à faire dire à ses sbires et à écrire « C’est moi qui colonise et c’est moi qui décolonise ». Pour avoir les moyens de cette stratégie, Mitterrand, « cohabite » avec la droite en mars 86 à contretemps, car deux ans après, son successeur, Jacques Chirac, s’oppose à cette décolonisation, malgré l’obtention par l’ONU du « droit inaliénable du peuple de la Nouvelle-Calédonie à l’autodétermination et à l’indépendance ». Tout cela pour rappeler que l’indépendance est toujours au bout du fusil des indigènes. Les élections en Nouvelle-Calédonie ne sont qu’une tentative d’affirmer leur stratagème et la commission de l’histoire algéro-française, par exemple, est dans le cadre de cette stratégie de la France coloniale post-indépendance qui réaffirme avec mépris : « c’est moi et moi seul qui colonise et c’est moi et moi seul qui décolonise car vous n’êtes que des indigènes, nous ne nous sommes jamais trompés ». S’il fallait encore une énième preuve au déni des victoires des luttes de libération, elle est dans le refus, diplomatique de Villepin, que son pays puisse présenter des excuses à l’Algérie, lors de sa conférence à Alger. Nous rappelons, quant à nous, qu’il n’y a pas de réponse aux excuses puisque seuls les martyrs peuvent les accepter ou les refuser. Par contre, nous, nous ne demandons rien d’autre que de pouvoir écrire notre histoire pour rester fidèles aux sacrifices de notre peuple et de ses amis. Cette écriture exige les archives et les matériaux que détient la France, qui, rappelons-le, n’a jamais daigné faire un seul geste pour la préservation de la vie, ne serait-ce que celui de nous remettre la cartographie des mines pour aider à les désamorcer, et stopper le nombre de ses victimes, avant que les cartes ne soient périmées.

Quand Netanyahu qualifie son armée de « la plus morale au monde », il confirme qu’il est toujours dans l’ancien temps, celui de la Bible, au temps de la loi du plus fort. Le plus fort étant celui qui a été choisi par Dieu et le plus moral celui qui applique sa parole. Jusqu’à présent, le judéo-chrétien continue à le prouver aux Chouyoukh, aux royaumes et à leurs institutions islamiques qui s’aplatissent dans l’espoir d’échapper à sa vindicte. Combien de fois El-Azhar, par exemple, a mérité sa place dans la poubelle de l’histoire ? Autant de fois que tous les extrémistes de droite, les colonialistes et leur Netanyahou, qui devraient être dirigés sans attendre vers la potence pour permettre aux peuples de vivre en paix.

Kouidri Saadeddine

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