Ils lui ont encore fracassé le visage. Une fois de plus. Parce qu’elle est femme. Parce qu’elle est nue. Parce qu’elle est debout.
Aïn Fouara n’a jamais fait de bruit. Elle donne. Elle offre. De l’eau, de la beauté, un peu de liberté au cœur de la ville. Et c’est cela qu’on lui fait payer. Sixième attaque. Encore un marteau, encore une nuit, encore un regard brûlé par la haine.
Ce n’est pas une folie. C’est une exécution. On punit sa nudité comme un blasphème. On châtie ses seins comme un crime. On écrase sa beauté comme un affront. Dans cette Algérie-là, une femme sans voile, c’est une menace.
Moi, je suis né à Sétif. J’ai grandi sous ses yeux, j’ai bu mille fois à sa source. Elle n’était pas une statue. Elle était notre mère, notre orgueil, notre lumière, notre fierté.
Ce matin, on l’a frappée comme on frappe une femme qui refuse de se taire. On l’a saccagée comme on veut effacer ce qu’on ne peut dominer. Mais à chaque coup porté contre elle, c’est nous qu’ils visent. C’est notre droit à la beauté, à l’art, à la femme libre qu’ils piétinent.
Qu’ils sachent une chose : même brisée, elle reste debout. À jamais ! Et nous, avec elle.
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