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vendredi 06 février 2026
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Iran/UE : l’Italie veut classer les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

L’Italie a annoncé son intention de proposer à l’Union européenne l’inscription du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) sur la liste européenne des organisations terroristes. Une initiative lourde de conséquences diplomatiques et politiques, qui marque un durcissement clair vis-à-vis du régime iranien, accusé d’une répression d’une ampleur exceptionnelle contre sa propre population.

Rome souhaite ainsi pousser ses partenaires à franchir un seuil jusqu’ici évité par l’UE. Classer le CGRI comme organisation terroriste impliquerait notamment le gel des avoirs, des interdictions de déplacement et une rupture assumée avec l’appareil sécuritaire du régime iranien. Pour l’Italie, il s’agit d’un signal politique fort face à ce qui est présenté comme une « crise humanitaire » et « géopolitique majeure ».

En France, un silence assourdissant

À l’inverse, en France, aucune mobilisation nationale d’ampleur, aucune marche humanitaire significative, ni position politique forte ne semblent émerger en soutien au peuple iranien, pourtant soumis à une dictature théocratique qui écrase toute contestation. Selon plusieurs sources, plus de 20 000 morts seraient déjà à déplorer.

L’ampleur de la répression est telle que certains observateurs la comparent au pire massacre de civils désarmés par leur propre gouvernement depuis la tuerie de Hama en 1982, perpétrée par le régime syrien de Hafez el-Assad. Une comparaison lourde de sens, qui souligne la gravité de la situation actuelle en Iran.

David Lisnard, une voix dissonante dans le paysage politique français

Dans ce contexte d’indifférence générale, David Lisnard, président de Nouvelle Énergie, vice-président des Républicains, maire de Cannes depuis 2014 et président de l’Association des maires de France depuis 2021, fait figure d’exception.

Sur sa page X, il qualifie le silence des dirigeants français et européens d’« infamie ». Il dénonce une indifférence mondiale qu’il juge moralement et politiquement intenable, et appelle explicitement à soutenir les manifestants iraniens, victimes d’une répression systématique. David Lisnard plaide également pour l’inscription des Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes, tout en soulignant les obstacles procéduraux et les conséquences diplomatiques d’une telle décision.

Une rare prise de position assumée

Dans un paysage politique français largement discret sur la question iranienne, David Lisnard se positionne ainsi parmi les rares responsables politiques à assumer publiquement un soutien clair aux manifestants iraniens et à dénoncer sans détour la nature du régime en place. Sa prise de parole contraste avec la prudence — voire l’inaction — observée au plus haut niveau de l’État et chez de nombreux responsables européens.

Alors que l’Italie tente d’entraîner l’Union européenne vers une ligne plus ferme, la question demeure : combien de morts faudra-t-il encore pour que l’Europe sorte de sa torpeur et regarde enfin la réalité iranienne en face ?

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